🇮🇹 Italien
Il jazz arrivò in Italia negli anni Venti del Novecento, portato dai soldati americani della Prima Guerra Mondiale e dai dischi. All'inizio sembrava una musica esotica, strana. Ma conquistò rapidamente gli intellettuali e la borghesia progressista. Durante il fascismo, il regime cercò di proibirlo, considerandolo « musica negra degenerata ». Invece di scomparire, il jazz italiano nacque in modo clandestino. Nei locali di Milano, Roma, Napoli, musicisti italiani suonavano jazz con nomi falsi o titoli italianizzati — Louis Armstrong diventava Luigi Braccioforte. Dopo la guerra, il jazz esplose in Italia. Negli anni Cinquanta e Sessanta, nacquero i primi grandi musicisti italiani: Nicola Arigliano, Gianni Basso, Lelio Luttazzi. A Roma, i locali di Via Veneto ospitavano star internazionali. Poi negli anni Settanta arrivò una generazione straordinaria: Enrico Rava, trombettista, diventò una leggenda mondiale. Oggi collabora con etichette americane prestigiose. Paolo Fresu, sardo, è considerato uno dei migliori trombettisti jazz europei. Stefano Bollani, pianista fiorentino, unisce virtuosismo classico, jazz, improvvisazione e humour. Le sue esibizioni sono famose in tutto il mondo. L'Italia ospita oggi alcuni dei festival jazz più importanti d'Europa. Umbria Jazz, a Perugia ogni luglio, attira duecentomila persone. Il suo carattere festoso — concerti in piazza, jam sessions nei bar — ha ispirato festival in tutto il mondo. JazzMi a Milano, Time in Jazz in Sardegna, Bergamo Jazz continuano la tradizione. Perché il jazz ha funzionato in Italia? Probabilmente perché gli italiani, con la loro musicalità innata e la loro apertura culturale, hanno sentito subito l'affinità tra il loro spirito — espressivo, improvvisatore, passionale — e quello della musica afroamericana.
🇫🇷 Traduction
Le jazz arriva en Italie dans les années 20 du XXe siècle, apporté par les soldats américains de la Première Guerre mondiale et les disques. Au début il semblait une musique exotique, étrange. Mais il conquit rapidement les intellectuels et la bourgeoisie progressiste. Durant le fascisme, le régime chercha à l'interdire, le considérant « musique nègre dégénérée ». Au lieu de disparaître, le jazz italien naquit clandestinement. Dans les clubs de Milan, Rome, Naples, des musiciens italiens jouaient du jazz avec de faux noms ou des titres italianisés — Louis Armstrong devenait Luigi Braccioforte. Après la guerre, le jazz explosa en Italie. Dans les années cinquante et soixante, naquirent les premiers grands musiciens italiens : Nicola Arigliano, Gianni Basso, Lelio Luttazzi. À Rome, les clubs de Via Veneto accueillaient des stars internationales. Puis dans les années soixante-dix arriva une génération extraordinaire : Enrico Rava, trompettiste, devint une légende mondiale. Aujourd'hui il collabore avec des labels américains prestigieux. Paolo Fresu, sarde, est considéré comme l'un des meilleurs trompettistes jazz européens. Stefano Bollani, pianiste florentin, unit virtuosité classique, jazz, improvisation et humour. Ses performances sont célèbres dans le monde entier. L'Italie accueille aujourd'hui certains des festivals de jazz les plus importants d'Europe. Umbria Jazz, à Pérouse chaque juillet, attire deux cent mille personnes. Son caractère festif — concerts sur les places, jam sessions dans les bars — a inspiré des festivals dans le monde entier. JazzMi à Milan, Time in Jazz en Sardaigne, Bergamo Jazz continuent la tradition. Pourquoi le jazz a-t-il fonctionné en Italie ? Probablement parce que les Italiens, avec leur musicalité innée et leur ouverture culturelle, ont senti tout de suite l'affinité entre leur esprit — expressif, improvisateur, passionné — et celui de la musique afro-américaine.